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ON EN PARLE
ECRITURE CREATIVE

01/11/2008 - ECRITURE CREATIVE

             


DE L'ECRITURE CREATIVE AUX ECRITS PROFESSIONNELS 
ET AU TEAM BUILDING


 Votre ouvrage « Ecrire, un plaisir à la portée de tous » est l’une des références en matière d’écriture créative, une discipline relativement récente en France.
Qu’entend-t-on par  « Ecriture créative » ?                  
 
Cette expression, directement traduite de l’anglais « creative writing » renvoie au « creative writing work », enseigné communément dans les universités américaines depuis les années trente. Pour les américains, l’art d’écrire de la fiction n’est pas un don tombé du ciel mais un apprentissage, comme toute expression artistique. Nombre de grands auteurs américains contemporains s’y sont soumis avec humilité !

En France, les « ateliers d’écriture », nés autour des années 1970, pourraient s’apparenter au « creative writing work ». Mais l’état d’esprit est différent, voire l’objectif selon les écoles. Il s’agit en premier lieu de se libérer face à la page blanche, puis d’acquérir éventuellement de solides techniques d’écriture. Comparé avec les Etats-Unis, ce dernier point fait souvent défaut, faute de professionnels suffisants. 
Enfin, si ces ateliers sont présents un peu partout aujourd’hui,  ils restent encore élitistes ou/et trop souvent expérimentaux. Rien que ce terme d’« atelier d’écriture » (et non « d’écriture créative », moins employé) sonne besogneux et imprécis comparé à « creative writing work ». Pourtant, quels que soient les publics, les résultats sont positifs ! 

 Quand on sait que 40% des enfants entrant en 6ème souffrent d’illettrisme, comme les 1,8 millions de travailleurs répertoriés, pourquoi ne pas développer davantage cette approche de l’écrit ?
 
En France, travailler l’écriture de fiction sans être écrivain est considéré comme un gentil loisir que comme un véritable apprentissage. Et pourtant, l’approche pédagogique, ludique, légère, en fait pour moi l’un des outils essentiels pour se sentir à l’aise en écriture.
    

On a beau reconnaître que les ateliers d’écriture réconcilient d’avec l’écrit, on maintient le traditionnel, voire le rigide…

A l’école, par exemple, un atelier d’écriture est perçu comme une récréation alors que les résultats sont toujours enthousiasmants auprès d’élèves en difficulté… A croire que l’on ne peut apprendre que dans la souffrance !

Ceci dit, la méfiance s’atténue. Maintenant que l’écriture créative n’est plus à légitimer dans le secteur culturel et social, elle commence à pointer son nez en entreprise… C’est ce chemin là que j’ai choisi d’ouvrir…   Pour, à partir de l’écriture de fiction, mieux maîtriser non seulement  sa communication écrite, mais aussi sa communication tout court. 

Ainsi, en management, rien de tel que la construction d’un récit collectif pour booster une équipe de travail ! 

 Vous voulez dire qu’en formation « d’Ecrits professionnels » par exemple, vos stagiaires écrivent de la fiction comme tout bon romancier ?
 
On pourrait dire ça ! Sauf que pour moi écrire de la fiction, c’est écrire tout court !
Qu’il s’agisse de fiction, d’écrits professionnels, scolaires ou davantage médiatiques… c’est toujours la même langue, régie par les mêmes lois rhétoriques, de la structure au style ! 




En comprendre ces lois, les pratiquer et en jouer d’un genre à l’autre, c’est s’apprivoiser à la communication écrite sous toutes ses formes pour après mieux la maîtriser. 

Et puis, c’est à partir de l’écriture de fiction, non, que l’on a appris à lire et écrire dès six ans, et ce jusqu’à l’entrée dans le monde du travail ?
  
   Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’exercices pratiqués en entreprise lors de formation ?
 
Ecrire une page de roman, par exemple, pour en comprendre la structure interne et de là, passer à l’écriture d’un rédactionnel ou d’un communiqué… Ou bien, composer des haïkus, petits poèmes japonais particulièrement synthétiques et elliptiques. Une fois rompu à la concision et à la précision du message, on pourra travailler la neutralité d’un texte, des synthèses ou des recherches de titre…Sans oublier de traiter en fin de parcours quelques règles essentielles de mise en page, indispensables à une bonne lisibilité !
A travers cette démarche, il s’agit vraiment de faire ressurgir pour mieux la comprendre la logique interne à tous discours. L’approche en est volontairement ludique au départ : « faire semblant d’être écrivain », c’est une façon de se réapproprier la langue écrite, sa saveur, sa richesse… C’est un vrai travail, hors des sentiers battus, avec tout ce que cela comporte d’efforts. Avec à chaque fois l’étonnement des « écrivants », avoir pu écrire « autre chose, autrement », avoir été autorisé à puiser dans toutes ses réserves de mots, de phrases, d’idées, balbutiantes, souvent inconnues de soi. Et avec quelle facilité parfois ! 
Après ces détours dans la belle langue écrite, progressivement, d’un exercice à l’autre, chacun saura glisser en douceur de la fiction aux écrits pro. et appliquer, avec jubilation même, des lois fondamentales à toute communication écrite. 
 

Faly STACHAK
Formatrice-Consultante
Network-Publications